*Dans le cadre de la relance du programme nucléaire français, le dernier site français spécialisé dans la fabrication d’assemblages combustibles nucléaires doit faire face à un changement d’échelle brutal : passer de 40 à plus de 200 assemblages produits par an pour répondre aux futurs besoins EPR2.* *Mais l’outil industriel n’a jamais été conçu pour absorber une telle montée en cadence.*
Les contrats EPR2 : une relance industrielle sous forte pression
À la suite des annonces de relance du nucléaire civil français et des nouveaux contrats liés au programme EPR2, la demande en assemblages combustibles augmente brutalement.
Le site devient alors stratégique à l’échelle nationale : il est l’un des seuls capables de produire les assemblages nécessaires aux futurs réacteurs.
En quelques années, les volumes demandés doivent être multipliés par cinq. Une montée en puissance industrielle majeure, avec une contrainte immédiate : le site historique doit continuer à produire pendant toute la transformation.
Derrière l’enjeu industriel, la pression est également politique et énergétique. Chaque retard potentiel sur les capacités de production menace directement le calendrier global du programme EPR2.
Un outil industriel conçu pour une autre échelle
Lorsque le projet démarre, les gammes de fabrication et les temps opérateurs sont encore calibrés pour une production d’environ 40 assemblages par an.
Très rapidement, plusieurs limites structurelles apparaissent.
Certains ateliers approchent déjà de la saturation. Les fours fonctionnent à leurs limites mécaniques. Les zones d’inspection deviennent des points de congestion critiques. Les flux de matière manquent de fluidité et les stocks intermédiaires désorganisent progressivement la production.
À cadence cible, plusieurs opérations deviennent mathématiquement impossibles à absorber sans restructuration profonde du site.
Les premières simulations sont sans appel : dans sa configuration initiale, l’usine ne peut pas dépasser durablement 80 assemblages par an.
Le défi ne consiste donc pas seulement à augmenter la capacité. Il faut transformer un outil industriel historiquement conçu pour une production limitée en une organisation capable de soutenir une montée en cadence continue sur plusieurs années.
Repenser les capacités atelier par atelier
Kali Group intervient pour reprendre l’analyse complète des capacités industrielles du site.
Les équipes réalisent un diagnostic détaillé atelier par atelier : analyse des temps opérateurs, cartographie des flux, simulation des charges, identification des goulots et étude des capacités réelles des équipements critiques.
Les gammes de fabrication sont ensuite entièrement recalibrées afin d’absorber les futures cadences : réduction des temps de cycle, reséquençage des opérations, optimisation des encours et réorganisation des flux matière.
Les îlots de production sont redimensionnés pour permettre une montée en charge progressive. Des lignes parallèles sont créées sur les postes les plus saturés et les organisations équipes sont adaptées avec une logique de cross-training afin d’augmenter la flexibilité opérationnelle.
En parallèle, Kali Group évalue et priorise les investissements industriels nécessaires : nouvelles presses, capacités fours supplémentaires, automatisation de certains postes d’inspection et adaptation des infrastructures de production.
Enfin, un plan de ramp-up industriel structuré est construit sur plusieurs années afin de sécuriser chaque palier de montée en cadence : 40, 80, 160 puis 200 assemblages produits par an.
Une capacité multipliée par cinq. Un plan de ramp-up tenu.
Le site parvient progressivement à augmenter sa capacité de production jusqu’à dépasser les 200 assemblages combustibles par an.
Les gammes de fabrication sont entièrement restructurées et documentées pour chaque palier de cadence, permettant une montée en charge maîtrisée et pilotable dans le temps.
Les principaux goulots d’étranglement sont levés progressivement sans arrêt de production du site historique.
Plus de 80 personnes sont formées aux nouvelles organisations et aux logiques de polyvalence nécessaires pour soutenir les futures cadences.
Le plan de ramp-up industriel établi entre 2021 et 2027 est piloté et respecté, permettant au site de disposer d’une trajectoire industrielle robuste pour accompagner durablement la relance du nucléaire français.



