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Pharma, nucléaire, aéronautique-défense : l'ingénierie manufacturing au centre

Publié le
8/4/26
5 min.
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SOmmaire

Introduction

L'industrie française traverse une phase rare. Trois de ses filières stratégiques investissent massivement, simultanément. Relocalisation pharmaceutique, relance nucléaire, montée en cadence aéro et réarmement…

Derrière ces gros titres, une réalité opérationnelle commune. Des usines à construire, des lignes à qualifier, des procédés à valider. C'est le terrain du manufacturing : celui de Kali Group, là où se joue la compétitivité industrielle de cette décennie.

Etat des lieux actuel et enjeux à venir : on vous dit tout.

1. Pharma & dispositifs médicaux : la réindustrialisation sanitaire

Un secteur critique

L’environnement pharma, déjà l'un des plus stricts de l'industrie, se durcit encore.

L'Annexe 1 révisée des EU GMP, entrée en vigueur en août 2023, relève les standards de production stérile : contamination control strategy, intégrité des données, monitoring environnemental renforcé.

Côté dispositifs médicaux, le règlement européen MDR 2017/745 impose depuis mai 2021 des exigences accrues d'évaluation clinique, de surveillance post-commercialisation et de traçabilité UDI.

Selon l'ANSM, plus de 40 000 certificats de dispositifs médicaux ont dû être réévalués sous ce nouveau cadre. Un chantier réglementaire et industriel colossal.

L'enjeu manufacturing

Le saviez-vous : la France est le premier producteur pharmaceutique européen par le nombre de sites industriels. Belle performance, ces 271 sites de production employant directement 100 000 salariés dans la fabrication, selon le Leem.

Pourtant, environ 80 % des principes actifs consommés en Europe sont produits en Asie. Une dépendance que la crise Covid a rendue inacceptable.

Le plan France 2030 a fléché 7,5 milliards d'euros vers la santé, dont une part substantielle pour la bioproduction et les thérapies innovantes. Le Leem recense plus de 6,5 milliards d'euros d'investissements industriels pharmaceutiques engagés en France depuis 2021, sur plus de 160 projets.

Sanofi a inauguré en 2024 son site EVolutive de Neuville-sur-Saône, une usine modulaire de production de vaccins à ARNm. Novo Nordisk investit 2,1 milliards d'euros à Chartres pour ses capacités de production d'injectables anti-diabète et anti-obésité. Seqens reconstruit une filière de production de paracétamol à Roussillon.

Chaque nouvelle ligne signifie des mois de qualification d'équipements (QI/QO/QP), de validation de procédés, de documentation GMP et de mise en conformité des utilités (eau PPI, vapeur propre, air qualifié). Le besoin en ingénieurs manufacturing est structurel.

Sources : Leem - Bilan économique 2024 ; ANSM - BPF et rapports d'inspection ; Commission européenne - MDR 2017/745, EU GMP Annex 1 (2023) ; France 2030.

2. Nucléaire : le maillon industriel des équipementiers

Le nucléaire comme industrie de process continu

Le nucléaire fait partie des industries de process à activité continue, au même titre que la chimie, la pétrochimie ou la métallurgie. Des installations qui tournent 24h/24, des enjeux de sûreté critiques, des coûts d'arrêt qui se chiffrent en centaines de milliers d'euros par heure. Dans cet environnement, l'ingénierie est une condition d'exploitation.

Chez Kali Group, nos ingénieurs interviennent pour deux types d'acteurs sur cette filière.

D'un côté, les équipementiers et constructeurs

Ceux qui conçoivent, fabriquent et modernisent les composants et installations nucléaires. Framatome forge des cuves et usine des pièces critiques à Saint-Marcel et au Creusot. Orano produit et recycle le combustible à La Hague et Tricastin. Vanatome, Boccard assemblent de la tuyauterie et de la robinetterie sous code.

Ces industriels opèrent sous des référentiels parmi les plus exigeants au monde : RCC-M pour la construction mécanique nucléaire, ESPN pour les équipements sous pression. Chaque soudure est radiographiée, chaque matériau tracé depuis la coulée d'acier, chaque opérateur qualifié nominativement.

De l'autre, les exploitants et producteurs

EDF qui opère le parc de 56 réacteurs, le CEA sur ses installations de recherche, ou encore les acteurs nouvelle génération comme Newcleo. Pour eux, les besoins portent sur l'opération des unités, la maintenance et l'amélioration continue, les projets d'optimisation et de sûreté.

Entre les deux, les ingénieristes et prestataires industriels : Bilfinger, Endel (Engie), Spie, ADF, qui interviennent en engineering, construction, maintenance lourde et arrêts de tranche. Des acteurs pour qui la culture sécurité est un prérequis absolu : permis de feu, HAZOP, consignation, plans de prévention.

L'enjeu manufacturing

Le programme EPR2, c’est six réacteurs confirmés, les deux premiers à Penly avec un objectif de début de construction en 2027. Il représente selon EDF un investissement de l'ordre de 67 milliards d'euros. La SFEN estime que la filière nucléaire française génère 220 000 emplois directs et indirects. Le GIFEN chiffre le besoin à 100 000 recrutements sur 2023-2033, dont une proportion majeure sur des fonctions industrielles.

Framatome a lancé le programme Forge+ pour augmenter sa capacité de production de composants lourds à l'usine de Saint-Marcel (Saône-et-Loire) et au Creusot. L'objectif : être capable de livrer les pièces forgées pour deux EPR2 simultanément. Orano investit plus de 1,7 milliard d'euros dans la modernisation de ses installations du cycle du combustible , dans les usines de La Hague, Tricastin, Malvési. Le CEA conduit en parallèle les programmes de R&D sur les réacteurs de quatrième génération.

À cela s'ajoutent les projets SMR (Small Modular Reactors) chez Nuward (EDF), Newcleo, Jimmy Energy, Naarea, qui créent de nouveaux besoins de prototypage, de qualification de procédés et de premiers-de-série industriels.

L'enjeu est double : monter en capacité avec les mêmes exigences de traçabilité, et reconstituer un tissu de compétences érodé par deux décennies de sous-investissement.

Sources : GIFEN - Cartographie filière 2024 ; EDF - Programme EPR2 ; Framatome - Programme Forge+ ; SFEN - Revue Générale Nucléaire ; Orano - Rapport annuel 2023 ; Cour des comptes - Rapport filière nucléaire (2023).

3. Aéronautique, spatial & défense : cadences record et réarmement

Un écosystème, trois piliers

L'aéronautique civile

On parle d’Airbus, Safran, Dassault Aviation, Thales, et des centaines d'équipementiers.

La défense

KNDS/Nexter (blindés Griffon, Jaguar, Leclerc rénové), MBDA (missiles Aster, Mistral, futur FCAS), Naval Group (sous-marins Barracuda, frégates FDI).

Le spatial

ArianeGroup, dont le lanceur Ariane 6 a effectué son vol inaugural en juillet 2024, Thales Alenia Space, Airbus Defence & Space.

Un cadre normatif dense : EN 9100 (qualité aéronautique), Nadcap (procédés spéciaux, traitement thermique, soudage, revêtements). Un retard chez un fournisseur de rang 2 impacte en cascade toute la chaîne d'assemblage final.

L'enjeu manufacturing

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Le GIFAS a publié pour 2024 un chiffre d'affaires de la filière ASD française de 84 milliards d'euros, en hausse de 14 % sur un an. Airbus a livré 766 appareils en 2024, avec un objectif de montée à 75 A320neo par mois d'ici fin 2026. Cela impose une hausse de cadence de 30 à 50 % chez les sous-traitants par rapport aux niveaux pré-Covid : forgerons, usineurs, chaudronniers, traiteurs de surface.

Safran, dont le moteur LEAP équipe la majorité des A320neo et des 737 MAX, a produit plus de 2 000 moteurs en 2024 et prévoit une accélération continue. La supply chain aéronautique, avec ses 4 000 PME et ETI en France (source GIFAS), est le goulot d'étranglement identifié. Le GIFAS recense 58 000 recrutements réalisés en 2023-2024 dans la filière, et les besoins restent supérieurs à 25 000 postes par an.

Côté défense, la LPM 2024-2030 engage 413 milliards d'euros sur sept ans, soit une hausse de 40 % par rapport à la précédente programmation. Cela se traduit par des commandes fermes : 1 818 véhicules blindés Griffon et Jaguar en cours de livraison, programme de sous-marins nucléaires de troisième génération, commandes de munitions multipliées par trois depuis 2022.

Sources : GIFAS - Rapport annuel 2024 ; Airbus - Résultats annuels 2024 ; Safran - DEU 2024 ; Ministère des Armées - LPM 2024-2030 ; ArianeGroup - Vol Ariane 6 (juillet 2024).

Le manufacturing comme colonne vertébrale

Au-delà des spécificités, ces trois filières partagent un ADN opérationnel avec plusieurs caractéristiques :

Réglementation sans concession.

BPF, RCC-M, EN 9100 : la conformité n'est pas un objectif, c'est un prérequis d'existence.

Traçabilité totale.

Du lot pharmaceutique à la coulée d'acier nucléaire, chaque composant remonte à sa source.

Besoin permanent en ingénierie.

Pas seulement en phase projet : qualifier, valider, maintenir, améliorer, c'est du quotidien.

Pénurie de compétences structurelle.

Ces trois filières recrutent simultanément les mêmes profils : ingénieurs méthodes, qualité, validation, maintenance, projet.

Conclusion

C'est précisément sur ce terrain, à l'intersection de l'expertise sectorielle et de la compétence métier , que Kali Group se positionne.

Loin du placement de ressources touche à tout. Ils parlent BPF et ALCOA+ en pharma, RCC-M et ESPN en nucléaire, EN 9100 et Nadcap en aéronautique.

Nos consultants sont les experts dans leur domaine, spécialistes du manufacturing.

C’est ce qui fait la différence dans l’industrie.