Sur un site de plus de 1 600 collaborateurs, un industriel des semi-conducteurs réorganise ses espaces afin d’accompagner la croissance des fonctions support. Les équipes Kali Group ont accompagné la conduction des travaux en structurant la base documentaire, en optimisant les surfaces et en pilotant les travaux sans rupture d’activité.
Introduction & Contexte
L’industriel fait face à un double enjeu : assurer et sécuriser la réorganisation des espaces, tout en garantissant la continuité d’activité sur un site industriel à fortes exigences techniques.
D’une part, la montée en charge des équipes support impose
- la création de nouveaux espaces tertiaires (150 m² dans un bâtiment annexe)
- le déménagement partiel de services existants
- la reconfiguration de plusieurs plateaux afin d’optimiser l’occupation globale des bâtiments.
D’autre part, ces opérations sont menées en site occupé, dans un environnement industriel aux contraintes élevées, où toute intervention impacte directement la sécurité, le confort des occupants et l’exploitation quotidienne du site.
Les risques potentiels sont multiples :
- perte de lisibilité sur l’occupation réelle des bâtiments
- dérives de planning liées aux contraintes EHS et à la coactivité
- surcoûts liés aux reprises de plans, aux études externes et aux choix techniques
- dégradation du confort thermique et acoustique
Analyse des solutions initiales
À l’intégration du projet, plusieurs freins structurels sont identifiés.
Sur le plan documentaire, les plans tertiaires existants sont hétérogènes.
Même chose pour l’occupation des plateaux sur le plan spatial : selon les bâtiments, certains espaces ne respectent pas les ratios m²/poste définis par les standards internes, tandis que la répartition des salles de réunion ne correspond pas aux usages réels.
Les circulations et cheminements internes offrent également des marges d’optimisation en termes de flux et de confort.
Enfin, les contraintes techniques sont majeures :
- interventions en site occupé
- travaux en horaires décalés
- application stricte des protocoles EHS
- coordination étroite de l’ensemble des corps d’état.
Les installations CVC existantes nécessitent des études spécifiques afin de recalculer les débits, équilibrer les réseaux et intégrer les nouvelles charges thermiques induites par les réaménagements.
Approche corrective déployée
Le consultant Kali Group déploie une approche méthodique.
- La première étape consiste à structurer et fiabiliser la base documentaire tertiaire.
Une cartouche standardisée conforme aux standards internes est conçue, puis l’ensemble des plans existants est repris sous AutoCAD : mise à l’échelle systématique, homogénéisation des conventions graphiques, nettoyage des calques et mise en place d’un processus de gestion des indices inspiré des pratiques BIM niveau 1.
- En parallèle, des études techniques d’aménagement sont conduites.
Les besoins utilisateurs sont recueillis via des échanges fonctionnels, les surfaces utiles sont calculées, les ratios d’occupation analysés et des projections capacitaires établies. Sur cette base, les flux internes sont optimisés, les salles de réunion repositionnées et plusieurs variantes techniques sont proposées : cloisons modulaires, solutions acoustiques, revêtements de sol adaptés aux usages tertiaires intensifs et équipements d’éclairage.
- Ensuite, la coordination complète des travaux tous corps d’état.
Dépose et repose des cloisons modulaires, remplacement des revêtements de sol PVC et moquette technique, ajustement des faux plafonds avec intégration des luminaires, redistribution des réseaux CFO et CFA.
- Concernant le lot CVC, un diagnostic des installations existantes est réalisé.
Des études de charges thermiques sont menées, le prédimensionnement des réseaux aérauliques est consolidé et les interventions sont coordonnées avec les équipes HVAC afin de garantir une intégration conforme, sans impact sur l’exploitation du site.
- Enfin, une gouvernance projet structurée est mise en place.
Planning détaillé sous MS Project, points d’avancement réguliers avec les services tertiaire et électrique, reporting consolidé à destination de la Direction pour le suivi des coûts, des délais et des risques.
Résultats observés
Sur le plan technique, la base de plans tertiaires est désormais entièrement normalisée, cohérente et directement exploitable. Les plans DOE (Dossier des Ouvrages Exécutés) livrés sont fiables et facilitent les opérations de maintenance ainsi que les futurs projets d’aménagement. Les ajustements réalisés améliorent le confort thermique et acoustique tout en renforçant la flexibilité des plateaux grâce aux solutions de cloisonnement modulaires repositionnables.
Sur le plan opérationnel, la cartographie complète des bâtiments tertiaires réduit significativement les temps d’analyse lors des projets ultérieurs. La répartition des surfaces est plus cohérente, les besoins utilisateurs mieux anticipés et la coordination interservices nettement améliorée.
D’un point de vue financier, la mission génère des économies substantielles.
Enfin, sur le plan organisationnel, la structuration durable de la base documentaire et une meilleure visibilité sur l’occupation réelle des cinq bâtiments tertiaires permettent des décisions plus rapides, plus fiables et mieux sécurisées pour les futurs projets.
Recommandations pour des projets similaires
Ce type d’intervention est particulièrement complexe puisqu’il s’agit d’un projet transverse. Non seulement il exige une expertise technique poussée et globale, mais aussi une grande capacité de coordination avec les différents métiers impliqués.
Nos recommandations pour ce type de projet :
1. Traiter le flux avant la machine.
Formaliser dès que possible : flux produits terminés / non terminés, axes d’entrée presses, sorties palettes, points de contrôle, et conditions de conditionnement (primaire/secondaire).
2. Verrouiller le triptyque Qualité–Méthodes–Production.
Même si les Méthodes représentent un service “support”, l’exécution peut être sécurisée via des fiches d’instruction, impliquant un circuit de signatures (Qualité/Projet/Prod) et le dépôt sur un référentiel unique (SmartSolve par exemple).
3. Objectiver les arbitrages par le chrono.
Chronométrer main d’œuvre, parcours, opérations logistiques : la base pour défendre un flux (notamment sous contraintes microbiologiques) et piloter un TRS/taux d’occupation réel.
4. Standardiser le poste pour stabiliser le TRS.
Zoning 5S, ergonomie (standards chaises/écrans/bacs), réglages au poste selon opérateur : réduction des micro-pertes et amélioration de l’acceptation terrain.*
5. Prévoir un plan de continuité pendant travaux.
Définir un flux alternatif avant/après modifications d’implantation pour éviter les ruptures de sortie palettes et les contournements non maîtrisés.
6. Encadrer l’automatisation logistique par un cahier des charges factuel.
Partir des temps mesurés, des interfaces (zones navette, lignes packaging), et des contraintes salle blanche/ISO avant de consulter des fournisseurs AMR.



